Badinter lAmi de Maurice Papon sous l Heure d'hiver de Petain de février 1941

Ce qu’il faut savoir, c’est que le 9 mai 1938, Adolf Hitler se rendit à Rome pour rencontrer Benito Mussolini pour mettre en place «une nouvelle Europe» qui deviendrait une dictature sous leur contrôle.
L’idée de l’Europe n’est vraiment pas nouvelle…
Pour mettre en place une nouvelle Europe, il faut qu’il y ait un cadre juridique. Or, du 21 au 25 juin 1938, c’est Walter Hallstein qui est choisi par Hitler pour représenter le gouvernement nazi pendant les négociations d’Etat avec l’Italie fasciste et l Espagne franquiste pour savoir comment mettre en place le cadre juridique de cette nouvelle Europe.
Le journal Paris-Soir du 1er février 1941 publia en gros titre «1941 sera l’année historique du grand regroupement de l’Europe» selon les propos du Fürher à Berlin.
Sous Pétain, les réflexions se portent sur le sujet, donnant comme thème à l’inauguration de l’Exposition du 6 juin 1941 à Paris avec les autorités nazies «la France Européenne». On peut retrouver des photos de cette exposition qui montrent une carte avec les pays européens avant et après la mise en oeuvre de cette nouvelle Europe. Ils mettent en avant les bénéfices : la nouvelle Europe n’a plus de barrières nationales, c’est l’Europe sans frontière d’Adolf Hitler avec de grands axes de commerce sans barrière. Le mot d’ordre est «faire comme les Allemands»… ce qui amena le gouvernement de Pétain à inciter les hommes à partir pour travailler en Allemagne. La propagande d’alors disait : la nouvelle Europe est invincible, l’Europe se bat pour ton bien-être, un soldat nazi se bat pour la liberté de l’Europe. Il fallait donc que les français participent. On oublie souvent ce qui fut à l’origine de l’envoi de «travailleurs» français en Allemagne.




Durant trois hivers la LVF - Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme - s'est couverte de gloire pour la France et pour l'Europe

L'humour de la fausse couverture de ce manuel se poursuit dans la page d'Avertissement: le manuel est présenté comme destiné aux membres de la LVF pour leur apprendre à mieux connaître les méthodes de leur ennemi... Et le fait est que la LVF, créée à l'été 1941 par les partis collaborationnistes pour inciter des volontaires français à aller combattre sur le front de l'Est aux côtés de la Wehrmacht, s'est révélée si peu efficace contre l'Armée rouge qu'elle a été rapidement affectée à la lutte contre les partisans soviétiques.



Le 6 avril 1941, la Wehrmacht se jette alors sur le pays avec ses alliés italiens, roumains et hongrois. La Yougoslavie est occupée en moins de 10 jours cependant que les résistants se replient dans les montagnes. En Croatie, au sein de la fédération yougoslave, un mouvement indépendantiste, les Oustachis, sous la conduite d'Ante Pavlevic, profite de l'occasion pour proclamer une Croatie indépendante le 10 avril 1941 avec la bénédiction de Hitler.
Tranquille de ce côté, Hitler peut dès lors secourir les armées de son allié Mussolini, embourbées à la frontière entre l’Albanie et la Grèce. Le 20 avril 1941, au terme d'une offensive foudroyante, les forces grecques se rendent aux Allemands et ces derniers envahissent la Crète cinq jours plus tard. L’Allemagne exerce dès lors une mainmise totale sur l’Europe continentale.
Yougoslavie
Malgré ses réticences, la Yougoslavie rejoignit l’Axe le 25 mars 1941. Elle le fit parce que les Allemands acceptèrent de respecter la neutralité yougoslave dans la guerre contre la Grèce et n’exigèrent pas de droit de transit pour les troupes de l’Axe. Deux jours plus tard cependant, des officiers de l’armée serbe qui s’opposaient au Pacte tripartite renversèrent le gouvernement yougoslave qui l’avait signé, provoquant la colère d’Hitler. Aussi, le 6 avril, l’Allemagne attaqua, vite rejointe par l’Italie et la Hongrie. À la mi-avril 1941, la Yougoslavie était battue, démembrée et occupée par les puissances de l’Axe. La Yougoslavie ne devint donc jamais réellement une des puissances de l’Axe.
Croatie
Dans le cadre du démembrement de la Yougoslavie, les puissances de l’Axe créèrent un État satellite appelé État indépendant de Croatie. Dirigé par des Croates appartenant au mouvement fasciste Oustachi (Ustaša), il rejoignit l’Axe le 15 juin 1941
Au matin du 22 juin 1941, avec quelque retard, les troupes allemandes pénètrent en Union soviétique. À Londres, Churchill explosa de joie en apprenant la nouvelle : désormais, l'Angleterre ne serait plus seule face au IIIe Reich et qu'importe que son allié obligé fut le terrifiant Staline. C'en était fini de l'« année solitaire » (the lonely year) qui sépare l'armistice franco-allemand (22 juin 1940) de Barbarossa.
L'avancée de la Wehrmacht, pourtant répartie sur un front de 1 500 kilomètres, est foudroyante. Le 8 septembre 1941, commence le siège de Léningrad (actuel Saint-Pétersbourg), avec l’aide des Finlandais, lesquels ont une revanche à prendre sur les Soviétiques. Le 19 septembre, à l'extrémité méridionale du front, c'est Kiev, capitale de l'Ukraine, qui tombe. Début octobre, Moscou elle-même est menacée ! L’Armée rouge alors en grande difficulté va heureusement se trouver un allié dans le rude hiver russe pour freiner puis stopper l’avancée allemande. C'est une réédition de l'invasion de 1812 par Napoléon et la Grande Armée !
Roland-Garros: «Djokovic est le symbole des Serbes qui ne supportent plus les vexations dans la région du Nord-Kosovo»
Résumé Entre févier 1939, date de l’ouverture du premier camp d’internement administratif, et mai 1946 date de la fermeture du dernier, quelque 600 000 personnes se sont retrouvées enfermées non pas pour des délits ou des crimes qu’elles auraient commis mais pour le danger potentiel qu’elles représenteraient pour l’Etat et/ou la société. Quatre logiques successives se sont succédé : l’exception (1938-1940), l’exclusion (1940-1942), la déportation (1942-1944), à nouveau l’exception (1944- 1946). Ainsi s’enchaînent des périodes et des logiques différentes pour un phénomène unique. On notera que souvent il s’agissait pour les gouvernements français de répondre à une contrainte externe, ce qui tend à privilégier une approche « fonctionnelle » du phénomène. Mais, une fois la contrainte acceptée, il y avait plusieurs possibles et le choix de l’internement répondait alors, souvent, à des préconstruits idéologiques. Le plan choisi rend compte à la fois de ces coupures chronologiques et des continuités
Seconde Guerre mondiale : camp de transit pour étrangers jugés indésirables
Durant la Seconde Guerre mondiale, le stade est réquisitionné par les autorités et devient un camp de transit pour étrangers jugés indésirables (les prisonniers sont parqués sous le Central ; Arthur Koestler est l'une des 600 personnes qui y passèrent
Dès 1941, les Internationaux de France deviennent le « tournoi de France » et se déroulent au stade Roland-Garros. Seuls les Français et quelques francophones jouent ces tournois. Bernard Destremau remporte le tournoi de France en 1941 et 1942 avant d'aller combattre sur le front dans l'Armée française de la Libération. Revenu de la guerre, Yvon Petra lui succède les années suivantes. Chez les femmes, Raymonde Veber Jones gagne le tournoi de 1944. Oubliés, ces tournois ne sont pas comptabilisés dans l'histoire officielle de la compétition (qui arrête son décompte en 1939 et le reprend en 1946)
Quelques années plus tard, Jean Borotra aura des liaisons dangereuses avec le régime de Vichy, en devenant commissaire général à l’Éducation physique et aux Sports en 1940. La même année, le stade est réquisitionné pendant plus d’un an pour servir de camp d’internement pour les étrangers, à l’initiative du régime pétainiste. Dans son livre la Lie de la terre (1941), l’écrivain hongrois Arthur Koestler, interné, décrit la situation : « Nous étions 500, logés dans de drôles de grottes sous la grande tribune du court central. Nous occupions l’espace libre sous les escaliers qui, auparavant, servait de vestiaires. (…) Le tableau des annonces du stade portait encore les résultats du dernier match Cochet-Borotra. (…) Vers la fin de notre séjour dans le camp, un communiqué parut dans les journaux français. Il disait que le nombre de cambriolages et autres crimes avait brusquement diminué durant les derniers jours, après l’internement, au stade Roland-Garros, de la populace étrangère qui, pendant des années, avait infecté la capitale. » Le rôle symbolique de la France se fondait sur le soutien militaire et éducatif qu’elle avait apporté aux Serbes pendant la Guerre et dont témoignaient les deux reliefs sculptés à la base du monument. Sur le côté gauche, figuraient, côte à côte, sur un rang, neuf tirailleurs français et neuf tirailleurs serbes sur le front de Salonique. Sur le côté droit, Ivan Meštrovi? représenta la France en mère des sciences nourrissant les élèves et étudiants serbes pendant la guerre et, plus largement, en éducatrice de la jeunesse yougoslave. L’artiste symbolisa ce rôle par une figure féminine de la Sorbonne, qui fait penser au Bois sacré de Pierre Puvis de Chavannes, dans le grand amphithéâtre de l’université parisienne et à la Pensée sorbonnienne du sculpteur Denys Puech, inspirée par l’Athéna Parthénos de Phidias Selon un témoignage postérieur à la Seconde Guerre mondiale, Mestrovi? avait initialement eu l’idée de ne représenter que la France nourricière et avait ajouté la France éducatrice sous l’impulsion de Raymond Warnier, alors directeur de l’Institut français de Zagreb. Sans doute ce dernier voulait-il éviter que le monument ne prît un caractère franco-serbe trop prononcé. Les deux autres côtés de la base du monument portaient des inscriptions. Sur la face avant, on pouvait lire en français : « À la France ! MCMXXX » et, sur la face arrière, en serbe, en caractères cyrilliques : « Aimons la France comme elle nous a aimés 1914-1918 ». Ces messages étaient destinés d’abord aux Serbes, ensuite à la petite communauté française de Belgrade et aux Français de passage dans la capitale. Sur la face avant, le comité du monument avait voulu d’abord faire inscrire « À la noble France » L’inscription « À la France » était plus large et reprenait une formulation courante dans la France du 19e siècle, à gauche comme à droite, des radicaux-socialistes aux catholiques Sans doute fait-elle tout particulièrement référence au poème « À la France » que Victor Hugo, défenseur des Serbes devant l’opinion publique française lors des guerres serbo-ottomanes de 1876 à 1878 avait publié dans le recueil L’Année terrible paru en 1872 et maintes fois réédité Victor Hugo, « À la France », L’Année terrible, Paris, Michel…. Le début de l’inscription sur la face arrière, « Aimons la France », renvoie quant à lui à une série de conférences à vocation propagandiste données entre 1914 et 1919 par Camille Jullian, membre de l’Institut et professeur au Collège de France, connu et apprécié des Serbes Du point de vue de l’architecture générale, le monument s’appuyait sur une structure évoluée caractéristique de la représentation de la puissance publique de la monarchie française, surtout sous le règne de Louis XIV : l’axe central représentait la foi chrétienne (Fides), défendue par la science-sagesse (Sapientia) et l’art de la guerre (Militia) Dans le cas du monument à la France la foi chrétienne était remplacée par la foi en l’État, en la France. La référence monarchique ne doit pas surprendre, parce que l’action culturelle de la France s’appuyait sur tous les sujets qui pouvaient aider sa politique générale
La référence au Roi-Soleil fut ainsi pleinement assumée sur la façade du nouveau bâtiment de l’ambassade de France, dont la construction fut décidée au moment où le monument sortait de terre.Il faut dire un mot de l’histoire de ce bâtiment, qui participe de la politique mise en œuvre au début des années 1930 pour rendre la France visible dans le paysage urbain belgradois. L’idée de construire un nouvel Hôtel de la légation française avait déjà été avancée à plusieurs reprises au cours des années 1920 par les diplomates, qui voulaient réagir l’accroissement de l’influence allemande dans le Royaume. Elle s’intensifia après l’installation de la légation d’Allemagne dans un nouveau bâtiment somptueux. L’Association des amis de la Yougoslavie, nouvellement créée à Paris sous la présidence de Louis Marin et du maréchal Franchet d’Esperey, prit le relais pour obtenir l’approbation du Parlement français. Reçus en audience par le roi Alexandre à l’occasion des fêtes du 10e anniversaire de la rupture du front de Salonique en octobre 1928, le maréchal Franchet d’Esperey et l’amiral Fatou purent l’informer qu’une demande de crédits allait être déposée au Parlement français pour la construction du nouvel Hôtel de la légation française. Un événement passa cependant presque complètement inaperçu de la presse. La ville de Paris, représentée par le vice-président de son conseil municipal, avait offert à la ville de Belgrade, dès son arrivée le 10 novembre, la copie du monument d’Étienne Marcel, érigé devant l’hôtel de ville de Paris, pour symboliser les libertés de l’administration municipale. Prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel (vers 1310-1358) joua un rôle important aux états généraux de 1355-1357, où il s’opposa au dauphin Charles. Il fut quelque temps maître de la capitale, à laquelle il rêvait de donner une Constitution communale, et tenta de limiter le pouvoir royal. Offrir une copie de ce monument parisien était un message soigneusement choisi par les Français à destination des dirigeants du royaume de Yougoslavie, le roi Alexandre en tête. La France avait soutenu la dictature du roi avec amertume, pour sauver l’unité de l’État, mais s’attendait à un retour progressif à un système démocratique, qui passerait notamment par la liberté de l’administration locale.
33L’inauguration du monument de reconnaissance à la France et les festivités l’entourant avaient un aspect très marqué de politique intérieure et extérieure. Du point de vue de la politique générale du gouvernement français, l’ampleur et le caractère affectif des fêtes du 11 novembre 1930 à Belgrade n’étaient pas sans poser de problèmes. Pour les Français, les marques insistantes d’amitié de la part des Serbes étaient un gage de l’alliance, mais présentaient aussi un risque dans le contexte des années 1930. Craignant d’être entraînée dans un conflit entre l’Italie et la Yougoslavie et d’être obligée de prendre partie dans la dispute intérieure entre les Serbes et les Croates, la diplomatie française voulait contribuer à l’apaisement de la situation intérieure et extérieure du Royaume. Du côté français, les fêtes de l’inauguration du monument à la France à Belgrade étaient un avertissement symbolique soigneusement réfléchi aux hommes politiques sud-slaves de ne pas tromper la confiance française par un éventuel pas démesuré en politique intérieure ou en politique extérieure (en direction des pays révisionnistes : l’Italie, la Hongrie et la Bulgarie).
Dans la nuit du 5 au 6 avril, l’Allemagne lance ses opérations militaires contre le royaume de Yougoslavie. Disposant de peu d’armements modernes, les forces armées yougoslaves sont défaites en quelques jours. Zagreb, capitale de la Croatie est conquise le 10 avril, Belgrade, capitale de la Serbie, le 12. Le pays capitule officiellement le 17 avril. Le gouvernement issu du putsch quitte le pays avec le jeune roi Pierre II pour se replier en Grande-Bretagne. Les vainqueurs se partagent le territoire yougoslave en fonction de leurs intérêts stratégiques ou de leurs prétentions nationales.
L'indépendance de la Croatie est proclamée le 10 avril 1941 par l'organisation Ustaša (« insurgé »), créée en 1929 en réaction à la dictature royale d'Alexandre Karadjordjević. Cette organisation bénéficie de la profonde exaspération du peuple croate envers l'Etat yougoslave. Son discours nationaliste reçoit l'approbation aussi bien des militants du Parti paysan croate que de la hiérarchie catholique. Ce nationalisme prend cependant bientôt les formes d'un racisme militant : les « lois de Nuremberg » contre les juifs et les Roms sont introduites, comme dans toute l'Europe soumise au IIIe Reich. En revanche, la politique anti-serbe du régime lui est propre. Les 1 900 000 Serbes constituent environ 30 % de la population du pays qui comprend dans ses frontières la Bosnie-Herzégovine. Souhaitant une fois pour toute régler la question serbe, les autorités croates vont recourir d’une part à l'expulsion vers la Serbie des Serbes orthodoxes, d’autre part à leur assimilation par conversion forcée au catholicisme, et enfin à leur extermination physique. L'Etat ustaša met en place des camps de concentration, dont le plus tristement célèbre est celui de Jasenovac. Une grande part des violences de masse sont commises entre les mois de mai et août 1941. Un mémorandum adressé par l’Eglise orthodoxe serbe au commandement militaire allemand à Belgrade en août 1941 estime le nombre de victimes à 180 000 (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 594-625). C’est d’ailleurs ces violences qui contribuent au développement de la résistance serbe (mouvements des partisans communistes et četnici) en particulier en Bosnie-Herzégovine et dans la Krajina croate (Redžić, 1998: 26, 37). En septembre 1941, des rapports militaires italiens font état de 80 000 Serbes tués dans les régions de la Lika et de Bosnie, ainsi que de 30 000 autres victimes ailleurs, dans les autres régions de Yougoslavie (Redžić, 1998: 34).
En Serbie, une administration de commissaires (Komesarska uprava) dirigée par Milan Aćimović, chargé également des Affaires intérieures, est formée le 30 avril 1941. Mais incapable de rétablir l’ordre face à l’action des partisans communistes et des četnici, cette structure sera remplacée le 29 août 1941 par un nouveau gouvernement dirigé par Milan Nedić. Ce dernier rejette l’Etat yougoslave et se prononcera pour l’intégration des Serbes dans un seul et même Etat en s’appuyant sur l’Allemagne nazie. La propagande du gouvernement est orientée principalement contre la « ploutocratie anglaise » et le bolchevisme.
Dans la nuit du 10 au 11 mai 1941, un groupe de 26 officiers, sous-officiers et soldats de l’Armée royale yougoslave arrive de Bosnie sur les hauteurs de la Ravna Gora. Ces hommes, dirigés par le colonel Dragoljub M. Mihailović, refusent la capitulation et envisagent d’organiser la résistance à l’occupant allemand. Ils estiment que la Yougoslavie a été défaite à cause de l’action des hommes politiques et de la trahison des Croates. Au cours des mois de mai et juin 1941, ils se consacrent à l’organisation de leur mouvement. Leur vision de la Yougoslavie est celle de la monarchie des Karadjordjević. Leur stratégie est prudente et attentiste : ils préfèrent accumuler des forces dans l'attente d’un éventuel débarquement des Alliés dans les Balkans. Ils mènent néanmoins des actions de guérilla contre l’adversaire croate ou musulman sur le territoire de l’Etat croate indépendant, ainsi que contre les Partisans communistes. Après 1941, leurs actions contre les forces d’occupation se limiteront principalement à des opérations de sabotage (voies ferrées, ponts, etc.). Contrairement aux ustaše, le mouvement de Dragoljub Mihailović ne contrôle pas un appareil d’Etat pendant les années de guerre ni ne dispose d’un cadre juridique pour éventuellement exclure des parties de la population (Dulić, 2006: 267). Il n’aura pas recours à l’organisation de camps de concentration.
Le mouvement de résistance communiste déclenche une insurrection armée dès juillet 1941 au Monténégro et en Serbie. Les Partisans connaissent un échec au Monténégro et à la suite d'une opération de pacification entreprise à l'automne en Serbie, la petite armée des Partisans se replie sur le Sandžak et la Bosnie orientale. Elle passe l'hiver 1941-1942 à Foča, aux confins orientaux de l'Etat croate indépendant. Durant l'année 1942, Tito et ses combattants traversent la Bosnie d'est en ouest.
1941 ; 27-28 avril: Le premier massacre de masse dans l’Etat indépendant de Croatie se produit dans le village de Gudovac, près de Bjelovar, où les forces armées ustaše tuent 184 paysans serbes originaires de cette localité et de villages voisins en représailles à la mort de deux agents des forces de sécurité croates, tués sur la route menant de Gudovac à Bjelovar (Jelić-Butić, 1977: 166 ; 195 paysans tués selon Bulajić, 1988: 252-264). L’exécution de ces civils se produit en présence d’Eugen Dido Kvaternik, responsable de l’ordre public et de la sécurité de l’Etat croate indépendant.**
11-12 mai : Les violences contre les Serbes se poursuivent dans le district de Vojnić et à Glina. Dans cette dernière localité située dans la région du Kordun (Confins militaires), plus de 300 Serbes sont arrêtés, puis tués par les forces armées ustaše dans la nuit du 12 au 13 mai (Zečević et Popović, 1996: 236-237).**
2 juin :Au mois de juin, les massacres perpétrés par les forces armées ustaše prennent une dimension importante en Herzégovine où la population serbe s’est retirée dans les montagnes avec le bétail. Le 2 juin, aux abords de Ljubinje, 140 Serbes environ sont tués par les forces ustaše. Le 5 juin, 140 paysans serbes environ sont massacrés à coups de maillets dans le village de Korito, près de la localité de Gacko, à l’initiative du commandant ustaša Herman Tonogal (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 144-145 ; 180 victimes selon l’ouvrage collectif Hercegovina u NOB, 1961: 42, 97 ; Bulajić, 1988: 473-481). Les corps sont jetés dans les gorges Golubija, profondes d’une trentaine de mètres.***
4 juin :Lors d’une réunion dirigée par le représentant de l’Allemagne à Zagreb, Siegfried Kasche, réunissant les autorités allemandes et croates, la décision est prise de déplacer en masse des Slovènes vivant dans les frontières du Reich allemand en Croatie, puis en Serbie, ainsi que les Serbes de Croatie en Serbie. Plusieurs vagues de déplacements de population sont ainsi définies : lors de la première vague (jusqu’au 5 juillet 1941), 5 000 Slovènes parmi les intellectuels et les éléments « douteux » sur le plan politique doivent être expulsés de Styrie vers la Serbie. Quant aux prêtres catholiques, ils seront installés en Croatie à la place de popes orthodoxes expulsés vers la Serbie ; au cours de la deuxième vague, 25 000 Slovènes envoyés en Styrie depuis 1914 devront être installés en Croatie entre les 10 juillet et 30 août 1941. Dans le même temps, le même nombre de Serbes devra avoir été déplacé en Serbie (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 78-81). La troisième vague prévoit l’expulsion de 65 000 Slovènes de Basse-Styrie et 80 000 de Carinthie vers la Croatie du 15 septembre au 31 octobre 1941. Dans le même temps 30 000 Serbes doivent être déplacés en Serbie.***
18 juin : C’est à Gospić qu’est établi le premier système concentrationnaire dans l’Etat indépendant de Croatie où seront perpétrés des crimes de masses. La prison de Gospić accueille de nombreuses personnes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine. Une partie des prisonniers est envoyée dans un camp de travail (Ovčara) non loin de Gospić. Le gros des prisonniers est transféré dans les camps de Jadovno (région du Velebit) et de Slano, sur l’île de Pag. De mi-juillet à fin août, des milliers de personnes y périssent (Mataušić, 2003: 24).***
23 juin : Dans les villages de Popovo Polje situés dans le district de Ljubinje, les forces ustaše ont arrêté environ 200 serbes et les ont jetés dans la crevasse Ržani Do, près du village de Kotez (Hercegovina u NOB, 1961: 43). Les victimes étaient des paysans pris en embuscade dans leurs champs. Sur 167 personnes, seules trois personnes ont pu s’échapper de la fosse (Hercegovina u NOB, 1961: 124).*
22 juillet : Sur ordre de Ljubomir Kvaternik, frère de Slavko Kvaternik, chef des forces armées de l’Etat croate indépendant, les Serbes de Bihać et de ses environs sont arrêtés et emprisonnés. Le 23 juillet, ils sont conduits sur le plateau de Čeravci à 2 km de Bihać alors qu’on leur a fait croire qu’ils partaient travailler en Allemagne. Ils sont alors dépouillés, fusillés et pour une partie d’entre eux égorgés. Les corps sont ensuite jetés dans des fosses préalablement creusées ainsi que dans la petite rivière Klokot. Ce scénario se répète à plusieurs reprises fin juillet et courant août 1941. Un document ultérieur de la Commission pour les crimes de guerre de l’Etat yougoslave mentionne 10 000 à 12 000 victimes dans ce secteur (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 983).*
24-25 juillet : Plus de 1 200 Serbes sont appréhendés dans le village de Banski Grabovac près de Petrinja suite à des actes de résistance perpétrés par des paysans serbes en armes. Environ 800 d’entre eux ont été fusillés sur place et enterrés dans deux fosses communes près de la gare de Banski Grabovac. Les autres personnes arrêtées ont été conduites au camp de Jadovno situé près de Gospić, où elles ont été également tuées (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 380-383).
Sous le commandement de Miro Matijević, la population orthodoxe de Kulen Vakuf et de ses environs est exterminée à partir du 25 juillet. On estime à 4 500 environ les personnes victimes des violences des forces ustaše dans cette localité et ses environs immédiats.*
27 juillet : Dans la commune de Petrovo Selo (région de la Lika), les forces ustaše sous le commandement de Petar Šimić réquisitionnent 250 personnes environ pour les envoyer prétendument travailler en Allemagne. Ces dernières sont emprisonnées et subissent de graves tortures dans la prison de Petrovo Selo. Le lendemain, 204 d’entre elles sont transportées à Bihać (Bosnie-Herzégovine) et 46 dans la direction de Prijeboje où elle sont tuées et jetées dans un ravin. Les personnes du premier groupe seront tuées à Bihać le 28 juillet (Vezmar, 2004: 102). Le 29 juillet, un second groupe de Serbes est arrêté : 155 d’entre eux sont tués le soir même après avoir subi des tortures (Vezmar, 2004: 103).**
Sur ordre de Ljubomir Kvaternik, les Serbes de Bosanska Krupa et de ses environs immédiats sont arrêtés et tués dans la ville même. Les victimes ont été l’objet d’atteintes corporelles cruelles puis dépouillées de leurs biens de valeur, avant de mourir dans la souffrance (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 988). Ces crimes ont été perpétrés jusqu’au 10 août 1941, date de l’arrivée des forces italiennes dans la ville. On estime à 800 le nombre de victimes. Il est procédé à l’extermination des Serbes dans les environs de Bosanska Krupa également, principalement en deux autres endroits : Crno Jezero et Risovac Greda. Au total, plus de 2 500 personnes auraient ainsi péri dans le district de Bosanska Krupa (Zločini na jugoslovenskim prostorima u prvom i drugom svetskom ratu : zbornik dokumenata, 1993: 989).**
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Le Colonel Puaud de retour du front de l'Est
Journal France Actualités - 31.03.1944 - 01:26 - vidéo
Sur un quai de la Gare de l'Est,une foule et de nombreuses personnalités,parmi lesquelles un officier Allemand,attendent l'arrivée du Colonel PUAUD;à sa descente du train,celui-ci est accueilli par Monseigneur MAYOL de LUPÉ, le Capitaine BASSOMPIERRE, Jacques DORIOT,et le Conseiller WESTRICK.Place Beauvau, Monsieur de BRINON recoit le Colonel PUAUD qui fait ensuite une déclaration à la Presse : - "Messieurs, - Ce qu'il est de votre devoir de dire à nos chers français ? - Tout simplement, ce qu'est la Légion des volontaires français. Oh!je le sais, on l'a traînée dans la boue. Elle porte l'uniforme "Feldgrau", cela suffit. Ces enfants, ces pères de famille que l'on présente comme des gens sans foi ni loi, eh bien! ils exposent leur vie pour un idéal, pour refaire côte à côte avec la Wehrmacht, une France forte qui sera marquée par une armée nouvelle, une armée jeune, une armée dynamique. Dites seulement aux français que ceux qui se battent à l'Est, sont de vrais français qui se battent pour leur pays". - VG de la foule et de nombreuses personnalités sur un quai de la gare de l'Est - GP de deux personnalités : un civil français et un officier allemand - GP de Monseigneur MAYOL de LUPE en compagnie de deux personnalités - GP de trois personnalités dont le Capitaine BASSOMPIERRE - VG d'un train entrant en gare (plan sombre) - VG d'un groupe de photographes - GP du Colonel PUAUD reçu sur le quai de la gare par des personnalités dont Monsieur DORIOT et le Conseiller WESTRICK - PM de Monsieur de BRINON recevant le Colonel PUAUD chez lui, place Beauvau - GP du Colonel PUAUD parlant - GP du Colonel PUAUD regardant vers la caméra - VG du Colonel PUAUD et de Monsieur de BRINON debout, face à face dans le bureau de ce dernier - VG du Colonel PUAUD de face faisant une déclaration à des journalistes assis, de dos - PM de quelques journalistes - GP du Colonel PUAUD, de face, parlant - GP d'auditeurs assis, dont un officier, allemand - GP du Colonel PUAUD parlant - GP de journalistes, dont une femme - GP du Colonel PUAUD parlant.