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Droit et devoir de Memoire
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9 décembre 2021

Giscard le collabo contre l Europe démocratique sous l Heure d’été des vaincus de 1945

 

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La plupart de ces lois ont été effacées à la Libération, mais notre société contemporaine a gardé de Vichy, sans revendiquer cette paternité historique, l’ordre des médecins, l’ordre des architectes, le comité d’entreprise, la médecine du travail, le code de la route, des stations de sport d’hiver appelées Courchevel, Val-d’Isère, Serre-Chevalier, la fête des mères, les tickets-repas, la police nationale, le rugby à XV… et la carte d’identité et l Heure d'ete 

Avec l’heure d’été et l’heure d’hiver. Supprimées à la Libération, elles seront rétablies avec difficulté par Giscard d’Estaing en 1976, pour lutter contre la crise du pétrole. Ces mesures et beaucoup d’autres imposées par les occupants ont «inspiré» le gouvernement de Vichy qui a produit quelque 16 000 nouvelles lois sous le règne du maréchal Pétain. D’autant plus facilement qu’il n’y avait plus de Parlement… 

Le préfet est également chargé de mobiliser ces élites locales pour manifester leur allégeance à la personne du Maréchal et participer à la diffusion de l’idéologie de la Révolution nationale. Cela se traduit notamment par des cadeaux et des dons offerts à Pétain. L’un des cas les plus fameux est la vigne offerte au chef de l’État français – après sollicitation du préfet Charles Donati – par les élites beaunoises (dont le maire Roger Duchet) et les notables locaux, parmi lesquels on retrouve plusieurs membres de la commission administrative de Côte-d’Or. Le 29 mai 1942, le titre de propriété du « Clos du Maréchal » est remis en mains propres au « Sauveur de la France » dans le cadre d’une mise en scène propagandiste. Pour qualifier ce système articulant préfet et notables locaux, Jean Vigreux établit un parallèle avec ce qui existait sous Louis-Napoléon Bonaparte :

« C’est en quelque sorte le "parti de l’ordre" du régime de Vichy que l’on retrouve à l’échelle locale, guidé par le préfet ; une vieille pratique bonapartiste qui revoit le jour sous d’autres auspices. Les rapports envoyés à Vichy, les visites auprès du maréchal sont autant de témoignage de ce contrôle important

Le Conseil National de Vichy et la collaboration sous l Heure d'été 
Rene et EDMOND decorés  de la Francisque et membre du Conseil National de Vichy 
 

Giscard le collabo Il y a plus de liens entre le père et le fils qu'on ne le sait (d'ailleurs Valéry le haut fonctionnaire parisien, a toujours voté à Chanonat, chez papa, reprendra le château plus tard).
Ça, l'ultra-libéralisme, c'est la théorie qu'on trouve dans les nombreux articles et bouquins d'Edmond.
L'historienne Annie Lacroix-Riz a retrouvé la preuve de l'appartenance d'Edmond au milieu de la Synarchie (groupement discret des puissants, banques et industriels, qui, avant la guerre, voulait faire tomber la République de cette époque, honnie). C'est un élitiste (au sens il est normal, et un devoir, que tout le pouvoir soit au main de l'élite). C'est donc aussi un colonialiste : il est normal que l'élite, l'homme blanc dans ce cas, s'occupe, avec tous les pouvoirs, de "l'indigène". C'est un catholique.
Ce qui a fait la richesse de la famille Edmond Giscard d'Estaing, c'est la SFFC (Société Financière Française et Coloniale) renommée SOFFO (Société Financière pour la France et l'Outre-mer) en juillet 49, dont Edmond est le Président pendant 40 ans ininterrompus de 1933 à 1973 (veille de l'élection du fiston, il a alors 79 ans). La SFFC marche en duo avec la Banque de l'Indochine : mélanges complexes interdépendants indéchiffrables des intérêts de la haute finance coloniale. Et le gros des affaires de la SFFC pendant une bonne partie du siècle, c'est l'Indochine. Or si les français sont en Indochine et certains peuvent y faire sur le long terme de confortables bénéfices (les coolies du Nord surpeuplé, pour le caoutchouc et autre anthracite, étain, ne coûtent pas bien cher mais on se méfiait de l'esprit "viets",), c'est parce qu'ils la tiennent militairement. Et l'armée c'est qui qui la paye ? le contribuable, merci à lui de la part de la Banque de l'Indochine et de la SFFC/SOFFO, entre autres. Par ailleurs, lorsqu'en 1954 après Dien Bien Phu les français doivent quitter le Tonkin, ces entreprises coloniales ont été financièrement dédommagées par l'État français "à condition qu'ils soient réinvestis" (ce qui sera fait en Afrique et métropole). Merci encore aux contribuables pour l'assurance tout risques gracieusement offerte.

Edmond est par ailleurs dans de multiples Conseils d'Administrations (vraiment dans beaucoup) et autres organisations patronales.
Autre aspect des deux très proches frères René et Edmond Giscard d'Estaing, c'était des proches de Philippe Pétain. Dans le Puy-de-Dôme, les deux frères ont leur château respectif à quelques kilomètres l'un de l'autre, et à Paris, leur appartement/maison du XVI è  (de là où le jeune Valéry a fait sa deuxième année de prépa à Louis-Legrand l'année scolaire 1943-44) étaient à quelques centaines de mètres l'un/l'une de l'autre. Les enfants de René et Edmond étaient toujours ensemble. Les deux frères n'étaient pas des pro-nazis. La défaite est bien triste mais on se console avec Pétain et la collaboration, et la vie continue. Pendant toute la guerre, Edmond n'a laissé tomber aucune de ses affaires, aucun de ses postes. En fait, elles marchaient pas mal ses affaires, émissions de nouvelles actions, augmentations de capital.... Le Japon, jusqu'au bout, achetait toute la production de l'Indochine vichyste, toute la guerre le régime de Vichy a eu son ambassade à Tokyo, la Banque d'Indochine avait une branche à Tokyo et un compte à "la banque Specie de Yokohama" de Tokyo.

René, plus expansif, a été moins discret. Au deuxième anniversaire de la Légion Française des Combattants et Volontaires de la Révolution Nationale, chargée de faire appliquer cette « Révolution nationale » de Philippe Pétain, les 29-30 août 1942 à Gergovie, c'est lui qui fait le premier discours et qui avait écrit le suivant. Grand moment ensuite à Clermont-Ferrand à une dizaine de kilomètres où tout le monde est présent, Philippe Pétain, Pierre laval, René Bousquet... C'était précisément le moment où le régime faisait des rafles dans sa zone libre. Et les derniers des 4000 enfants d'une rafle précédente, celle du Vel d'Hiv à Paris, un temps parqués à Baune-la-rollande sous la garde des gendarmes-nounous du régime vichyste, ont du arriver au camps d'Auschwitz la veille de ces célébrations au haut lieu du plateau de Gergovie (aucun n'est revenu). Leurs mamans et papas qu'on leur avait arrachés doivent partir en fumée au même moment. 

Valéry se marie en déc. 1952 avec Anne-Aymone dont la grand mère paternelle était Marguerite Schneider. Valéry est désormais un cousin des Schneider par alliance. Inspecteur des finances par ailleurs, il va côtoyer dans les réunions de familles déjà, le grand patron Charles Schneider désormais "son oncle", pendant 8 ans (décédé bêtement en 1960). C'est le moment où Charles Schneider crée Framatome avec Westinghouse (1958), ainsi que Brevatome avec EDF et le CEA (1959).
De 1960 à 1969 le groupe industriel est dirigé par la tante d'Anne-Aymone, et de Valéry par alliance, Lilian Schneider. La période n'est pas facile mais a lieu un événement d'importance et d'espoir pour le groupe, en 1961/62 commence la construction du réacteur nucléaire prototype 350 MWé de Chooz : commande à Framatome/Schneider, contrat clé en main par EDF et le belge Electrabel (SENA). Le réacteur démarre en oct 1966. Quinze mois après son démarrage, on évite la catastrophe nucléaire d'un très étroit cheveu (voir ci-dessous Petites Annexes)mais la chose a été gardée très discrète. En même temps de son coté Valéry a grimpé vite les échelons. De 1959 à 62, il est Secrétaire d'État au ministère des finances puis, de janv 1962 à déc 1965, il est le ministre des finances (du gvt Pompidou). Nouvelle réalisation, sur le territoire belge cette fois, encore une signature franco belge (SEMO SA, 50% EDF) en 1968 pour un réacteur atomique plus gros, de ~ 900 MWé, à Tihange, à moins de 100 km de Chooz. C'est encore un REP Westinghouse avec la cuve Framatome/Schneider (début des travaux 1970). Avec ces réalisations dans la musette, le groupe Framatome/Schneider est dans les starting blocs, à l’affût...
Valéry est Ministre des finances de juin 1969 jusqu'à mai 1974 (gouvts. Chaban Delmas puis de Messmer).

Pour le nucléaire civil "Les « autorisations d'engagement» sont annoncées en Conseil des Ministres et ont donc un caractère politique." (in "Le dossier électronucléaire", CFDT-énergie-atomique, Ed. Seuil, 1980, p. 469). Une fois accordées, c'est EDF qui gère son timing comme elle l'entend (j'ai feuilleté la Gazette Nucléaire pour retrouver des autorisations, ).

- de 1969 à 1974 "programmes 1970", "autorisation" pour 5400 MWé (Valéry ministre des finances);

- 05 mars 1974, sur fond de crise pétrolière, brutale accélération réputée comme le lancement du tout-électrique-nucléaire par Pierre Messmer, "autorisation" pour 2 × 5400 MWé. En réalité, P. Messmer disparaît définitivement de toute fonction gouvernementale deux mois plus tard. Par contre le Ministre des finances depuis 5 ans et Ministre d'État ce 05 mars 1974 est un certain Valéry...

- en février 1975, "autorisation" pour 12 000 MWé nucléaires de plus, suivi en juillet-août de l'abandon de la filière eau bouillante BWR (il y avait 2 commandes fermes pour St Laurent des eaux avec même des débuts de travaux et 6 options), décision qui transforme Framatomeenunique constructeur nationalde la chaudière des réacteurs (Giscard Président; c'est devenu le groupe Empain-Schneider);

- sept. 75, vente à Saddam Hussein d'Osirak = Tammuz-1, 70 MWth, réplique d'Osiris fabriqué par le CEA, fonctionnant à l'uranium enrichi à 93 % "qualité militaire" avec contrat d'en fournir 50 kg/an (et avec un tel réacteur à très haut flux, possibilité de produire du Pu en couverture, assez chaque année pour une bombe; Giscard Président; le réacteur bien avancé sera détruit le 07 juin 1981 par l'aviation israélienne).

- déc. 1975 : formation de la Cogema avec le petainiste Syrota d X crise admirateur de l Heure d'ete de la collaboration . Le premier Président, jusqu'en 1978, est le corps des mines André Giraud, éminent membre du parti giscardien, Républicains indépendants transformé en PR, Parti républicain, dont Gérard Longuet deviendra le Trésorier en 1982 (Giscard Président);

- 17 mars 1976 : signature concluant un accord avec le Pakistan pour le démarrage de la construction d'une importante usine de retraitement de 100 t/an qui pouvait séparer 800 kg de plutonium/an (Giscard Président; définitivement abandonné en 1978 sous la pression massive de l'administration Carter; mais le Pakistan en avait déjà appris assez...);
- avril 1976, la Commission restreinte pour l'énergie présidée par V. Giscard d'Estaing donnait l' "autorisation" pour la NERSA de Superphenix 1200 MWé; en 1980 Valéry déclarera que ce genre de réacteurs permettrait à la France de "disposer d'une réserve d'énergie comparable à celle de l'Arabie Saoudite avec son pétrole"; le 31 juillet 1977 : 5000 CRS armés de fusils tire grenade à effet de souffle pour défendre de l'herbe (il n'y avait rien de construit et pas d'engins) contre 60 000 à 100 000 manifestants à Crey-Malville : 1 mort, 2 mutilés, une 100 aine de blessés (Giscard Président);

- mai 1976 : Attribution du contrat de deux réacteurs à l'Afrique du Sud (voir plus bas : Petites annexes). Cela est suivi d'un contrat en janvier 1977 pour le rapatriement vers la France de tous leurs déchets nucléaires à retraiter. (Giscard Président). On apprendra en 1978-79 que des avions d'UTA (cie aérienne coloniale dans la création de laquelle a été très impliquée la SOFFO d'Edmond, père de Valéry dans les années 60 et dont René Bousquet était l'un des administrateurs au début des années 70) transporte secrètement à Marseille en soute du concentré d'uranium de la mine de Rössing en Namibie alors occupée par l'Afrique du Sud de l'apartheid, "mandat" déclaré illégal par les Nations Unies (Giscard Président).

- juin 1977 : "autorisation" pour 10 000 MWé pour les années 78 et 79 → On en est alors à 38 200 MWé filière REP "autorisés" sous V. Giscard d'estaing depuis 1969;

- en juillet 1978 : "autorisation" supplémentaire pour 10 000 MWé pour les années 1980 et 81 (Giscard Président);

- 28 mars 1979 : fusion partielle du cœur d'un réacteur REP américain (Three Mile Island-2 près d'Harrisburg, Pennsylvanie), quelques jours après le Ministre de l'Industrie, le corps de mines giscardien André Giraud : "Rien ne conduit à modifier le programme nucléaire français. Seuls les faits comptent, ce n'est pas avec des arguments irrationnels que l'on mène une politique.". Quelques mois avant les autrichiens avaient voté contre le nucléaire (un réacteur construit ne recevra jamais de combustible).

- 03 avril 1979 le comité interministériel donne "autorisation" supplémentaire minimale de 10 500 MWé pour les années 80-81 (6 tranches 1300 MWé et 3 tranches 900 MWé; "minimale" car il se pourrait qu'on y rajoute un 1300 MWé; Gazettte Nucléaire n°29, p. 5). Interrogé sur le problème des déchets nucléaires le Premier ministre Raymond Barre anti semite notoire  (Le Monde 03/04/79, reproduit dans Gazette Nucléaire n°26/27 p. 9) : "Jusqu'ici nous avons résolu le problème sans que cela provoque des drames et nous continuerons à le faire..." (Giscard Président)

- 2 avril 1980, le gouvernement a présenté un plan énergétique pour 1990, son choix politique, le dernier du septennat V. Giscard d'Estaing. "... structure de production prévue par EDF [scenario EDF "consommation forte" figurant dans un "rapport intérimaire" de la Commission Énergie] et reprise par le gouvernement. L'orientation est très claire : c'est le tout nucléaire. En 1990, le nucléaire doit représenter 73 %de la production d'électricité. (...) Cette production de 330 milliards de KWh correspond à une puissance installée de 60 000 MWé (fin 1990) soit 66 unités de 1000 MWé" (Gazette Nucléaire n°39/40 p. 2 et 6, n° 44 p. 9) (Giscard Président);

Il était prévu une chambre de 200 membres désignés par le chef de l'État et une autre de 300 membres dont la moitié serait également choisie par le chef de l'État, et l'autre moitié élue par les assemblées provinciales, parmi les anciens combattants, les pères de famille nombreuses et des représentants de groupements professionnels et autres unités organiques « réelles ».

C'est une assemblée mixte, où se côtoient des parlementaires et des conseillers socio-professionnels. Elle est composée de 213 conseillers : 77 parlementaires - 28 sénateurs et 49 députés - et 136 représentants des élites sociales, économiques et culturelles. Un peu plus de 10 % des parlementaires disponibles y siègent, mais ils représentent presque un tiers du conseil

Les membres sont choisis par le gouvernement, et l'on y trouve des personnalités, comme le pianiste Alfred Cortot, le physicien Louis de Broglie, Louis Lumière, le savant Georges Claude, le diplomate André François-Poncet, l'écrivain catholique et maurrassien Henri Massis, Joseph de Pesquidoux et Abel Bonnard membres de l'Académie française, des dignitaires de l'Église catholique. D'anciens ministres de la Troisième République : Georges Bonnet, Germain Martin, Émile Cassez, Lucien Lamoureux. Des sénateurs et députés. Ainsi que des représentants de la Légion française des combattants comme Joseph Darnand. Plusieurs présidents d'une chambre de commerce, tels Antoine Boude, président de la Chambre de commerce de Marseille, Paul Charbin président de la chambre de commerce du Rhône, ou Pierre Thiriez, patron lillois du textile, qui préside celle du Nord8. D'autres représentants du monde des affaires comme Gabriel Cognacq, directeur de La Samaritaine, Georges Laederich, président du syndicat cotonnier de l'Est, le cimentier Joseph Merceron-Vicat, l'armateur Jean Fraissinet et Henri Pavin de Lafarge ou encore l'industriel cotonnier Marcel Boussac, familier de Pierre-Étienne Flandin. Des représentants du monde agricole, tels Rémy Goussault ou le théoricien du corporatisme agrarien et chrétien Louis Salleron, de l'Union nationale des syndicats agricoles. Des syndicalistes CGT pacifistes et anticommunistes, proches du ministre René Belin, en sont aussi membres, tels Pierre Vigne, secrétaire général de la Fédération du sous-sol, Auguste Savoie, de la Fédération de l'alimentation, Claude Liochon, secrétaire général des travailleurs du livre, Marcel Roy, secrétaire de la Fédération des métaux et Georges Dumoulin, ancien socialiste. Plusieurs de ces syndicalistes sont proches voire membres du comité de direction de l'hebdomadaire L'Atelier : Marcel Bonnet, Dumoulin, Ehlers, Gaston Guiraud, Liochon, Masbatin, Roger Paul, Roy, Savoie et Vigne11. D'autres syndicalistes sont issus des Syndicats professionnels français, proches du PSF, tel le jeune Désiré Puel, benjamin du Conseil (il est né en 1912), militant ouvrier du Tarn, chargé de la liaison des SPF en zone libre en 1941, proche du PSF et du Petit Journal. Figurent encore au conseil des universitaires, des avocats, des médecins, tel le professeur Leriche, président de l'ordre, des artisans.

Parmi les personnalités politiques, il y a :

La mouvance fasciste ou proto-fasciste est représentée par certains de ses chefs de file, notamment Jacques Doriot (Seine), chef du Parti populaire français.
Quelques parlementaires ou anciens parlementaires de la mouvance agrarienne : Louis Guillon, ancien député, fondateur du Parti républicain agraire et social, le député Pierre Mathé (Côte-d'Or), et Henri Dorgères, délégué à la propagande du Comité central d'action et de défense paysanne.
Le Parti social français est représenté, avec son chef le colonel François de La Rocque - qui en démissionne 6 mois plus tard - ou Stanislas Devaud, député de Constantine.
La droite conservatrice est représentée, par l’intermédiaire des députés Augustin Michel (Haute-Loire), Emmanuel Temple (Aveyron), Ernest de Framond de La Framondie (Lozère), Jean Crouan (Finistère), François Martin (Aveyron), membres de la Fédération républicaine, le sénateur Louis Linyer (Loire-Inférieure), ainsi que des parlementaires conservateurs comme Léopold Robert dit Jean Yole (Vendée), les députés Robert Sérot (Moselle), et Émile Taudière (Deux-Sèvres), républicains indépendants et Jean Le Cour-Grandmaison (Loire-Inférieure), député, vice-président de la Fédération nationale catholique.
Le centre-droit est représenté, par des députés Paul Bacquet (Pas-de-Calais), Léon Baréty (Alpes-Maritimes), Louis de Diesbach de Belleroche (Pas-de-Calais), Maurice Drouot (Haute-Saône), Joseph Féga, Pierre Dignac (Gironde), André Magnan (Loire), Aimé Tranchand (Vienne) et des sénateurs Jean Boivin-Champeaux (Calvados), Charles Bouissoud, Victor Constant (Seine), Charles-Henri Cournault (Meurthe-et-Moselle), Jean Fabry (Doubs)), membres ou proches de l’Alliance démocratique.
Autre tendance également présente dans ce Conseil, la mouvance « radicale indépendante » : l’ancien député et ministre Louis Germain-Martin, les députés Albert Dubosc (Seine-Inférieure), Louis Buyat (Isère), Jean Montigny (Sarthe), Paul Saurin (Oran), Gratien Candace (Guadeloupe), ainsi que les sénateurs Jacques Bardoux (Puy-de-Dôme), Edmond Hannotin (Ardennes), Émile Mireaux (Hautes-Pyrénées), André Mallarmé (Alger), Édouard Roussel (Nord) y siègent.
Le centre-gauche est représenté par des radicaux-socialistes, de la mouvance pacifiste de l'avant-guerre: les députés Albert Chichery (Indre), Georges Bonnet, Lucien Lamoureux (Allier), Jean Mistler (Aude), et les sénateurs de la Gauche démocratique Pierre de Courtois (Basses-Alpes), Émile Cassez (Haute-Marne, ancien ministre), Paul Maulion (Morbihan). On trouve également quelques « socialistes indépendants » : les députés Édouard Barthe (Hérault) et Antoine Cayrel (Gironde), ainsi que le sénateur René Gounin (Charente). Enfin, Gaston Bergery (Seine-et-Oise), député du Parti frontiste, ancien radical-socialiste, fit également partie de ce Conseil.
Enfin, un quarteron de socialistes, également pacifistes, est également appelé à siéger à ce conseil : les députés René Brunet, Paul Faure (Saône-et-Loire), Isidore Thivrier (Allier), Louis L'Hévéder (Morbihan).
S’ajoutent quelques indépendants : les sénateurs non-inscrits Paul Brasseau (Seine-et-Oise), René Courtier (Seine-et-Oise), Jean Jacquy (Marne), Manuel Fourcade (Hautes-Pyrénées).
En mars 1941, quatre personnalités musulmanes de l'Algérie sont nommées au conseil12.

En novembre, des prisonniers de guerre libérés sont ensuite nommés : Amiaud, professeur de droit à l'Université de Paris, Gustave Bonvoisin, directeur général du comité central des allocations familiales et ancien vice-président du Comité France-Allemagne, Claude-Joseph Gignoux, Marcel Hovaere, industriel, Ferdinand Sarraz-Bournet, armateur. Les rejoignent Mgr Beaussart, des maires de communes de la région parisienne (Pierre Champion, de l'Institut, Fillon, Labeyrie), Lucien Lassalle, président de la chambre de commerce de Paris, Roger Grand, les députés Jean Crouan, Alfred Duault et Pierre Mathé, le sénateur Georges Pernot, les syndicalistes Roger Vitrac, Maurice Porreye et René Bard, les industriels Albert Dubosc et Robert Vandendriesche, filateur de coton à Saint-Quentin13. Ils remplacent 18 conseillers radiés le 2 novembre 194114: André Siegfried, le cardinal Suhard, Eugène Frot, à leur demande, les parlementaires Georges Barthélémy, Ludovic-Oscar Frossard, Alphonse Gasnier-Duparc, maire de Saint-Malo, Gaston Beltrémieux, Pierre Béranger, Ferdinand Morin, maire de Tours, Alexandre Rauzy ainsi que Louis Férasson, ancien président de la Chambre de commerce de Paris (1936-1940), le général de La Laurencie, Marcel Boussac, Henri Ehlers, du syndicat des gens de mer, le docteur Jean Rougier, Émile Cresp, maire de Montrouge, le syndicaliste Georges Dumoulin, un militant collaborationniste de l'hebdomadaire L'Atelier et du Rassemblement national populaire de Marcel Déat.

Plusieurs prêtres siègent au conseil : un cardinal, Emmanuel Suhard, archevêque de Paris - brièvement -, un évêque, Mgr Roger Beaussart, coadjuteur de l'archevêque de Paris démissionnaire en 1945, Lucien Polimann, directeur de La Croix meusienne, député de la Meuse et figure du monde combattant, condamné à 5 ans de réclusion à la Libération, et Louis Sorel, simple curé de Lagrâce-Dieu en Haute-Garonne, abattu par la Résistance en décembre 194315.

L'historien du protestantisme Patrick Cabanel dénombre six protestants, soit 3 % des 213 membres du conseil: le pasteur Marc Boegner, président de la Fédération protestante de France, les armateurs Jean Fraissinet et Léonce Vieljeux, le député François-Martin, le sénateur André Mallarmé, le politologue André Siegfried16. Auxquels il faut ajouter l'industriel vosgien Georges Laederich17, ce qui porte à 7 le nombre de protestants. Leur attitude fut très variable: Siegfried refuse de siéger au conseil national18, Fraissinet démissionne du conseil en avril 1942, par refus de la collaboration19, François Martin est nommé préfet mais démissionne en 1943, Vieljeux entre dans la résistance, est déporté et assassiné en 1944, Laederich demeure pétainiste, est condamné à deux ans de prison en 1946 et sera membre du comité directeur de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain.

Parmi les patrons, certains se sont engagés en politique avant la guerre. Ce sont des « patrons de combat » qui ont combattu les communistes et la CGT, tels Fraissinet, Laederich, Jules Verger, un patron d'une PME20. Certains s'intéressent aux questions sociales et sont à la pointe de l'idéologie sociale de la Révolution nationale. Tel Jules Verger, proche de Pétain, militant du corporatisme et de la « collaboration des classes » depuis 1936, membre en 1941 du Comité de l'organisation professionnelle (aux côtés des syndicalistes Jacques Savoie et Marcel Roy), du conseil supérieur de la Charte (en novembre 1941; il en est exclu l'année suivante)21. Ou Laederich, actif dans l'Office des comités sociaux. Tous deux seront titulaires de la francisque et seront désignés membres du Conseil supérieur de l'économie industrielle et commerciale, fondé en 1942 Plusieurs représentants du monde des affaires seront membres du comité de patronage de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme: Verger, qui en outre fera partie du comité d'honneur de l'exposition Le Bolchevisme contre l'Europe23, Gabriel Cognacq ou Georges Claude24. Certains seront internés à la Libération, et soit acquittés (Verger), soit condamnés pour collaboration politique (Laederich, Georges Claude).

Parmi les syndicalistes, Marcel Roy (CGT), Auguste Savoie (CGT) et René Mignon (SPF) sont désignés en 1941 membres du Comité de l'organisation professionnelle25, et en novembre 1941 membres du Conseil supérieur de la Charte du travail26, Roy et Savoie sont désignés en 1942 membres du Conseil supérieur de l'économie industrielle et commerciale et membres du comité d'information et de propagande ouvrières27. Roy est aussi le vice-président de la commission consultative ouvrière de l'Office des comités sociaux. Puel (SPF) collabore au Midi socialiste et est désigné par Vichy en mai 1942 co-directeur et animateur de la nouvelle émission de radio de la Radiodiffusion nationale, Radio-travail, avec Michel-Pierre Hamelet.

Fonctionnement
Tout a été prévu pour empêcher la reconstitution d'une vie parlementaire : pas d'assemblée plénière, aucune publicité des débats, des commissions temporaires, un conseil uniquement consultatif. Il s'est réuni de mai 1941 à mars 1942, au siège du Conseil à Vichy, à la villa Strauss, au 4, rue de Belgique. Il élabore des textes constitutionnels et des avis

Un certain nombre de commissions sont créées. En sont membres des conseillers nationaux ainsi que d'autres personnalités désignées par le chef de l'Etat29. La première commission qui siège du 6 mai au 11 juin 1941, puis en août lors d'une seconde session, est chargée de l'étude de la réorganisation administrative. Présidée par Lucien Romier, elle élabore un projet visant à rétablir les anciennes provinces. Après le 10 juin, une autre commission se penche sur l'administration municipale. Elle réfléchit à l’avenir des communes, bases de « l’armature nouvelle indispensable au redressement ( du pays ) », et fondées sur les principes « selon lesquels le maintien des libertés locales pourra s’allier à une réforme indispensable de la tutelle de l’Etat sur les municipalités », selon le message du maréchal Pétain. Elle est présidée par Jean Valadier, ancien vice-président du Sénat. En juillet, une troisième commission est instituée, celle de la constitution. Elle est présidée par le ministre de la justice Joseph Barthélemy. Elle rédige durant l'année 1941 les dispositions essentielles de la future constitution, qui ne sera jamais ratifiée. En septembre, une autre commission étudie les moyens d'améliorer la compréhension entre le pays et le gouvernement4. En novembre siège la 5e commission, celle de l’organisation économique, présidée par Claude-Joseph Gignoux, ancien président de la Confédération générale du patronat français. En décembre 1941 siège la deuxième session de la commission de l'information générale, présidée par Victor Constant. En février 1942 fonctionne une commission d'études de la région parisienne, présidée par Romier. Enfin, en mars 1942, une commission d'études des questions de jeunesses est mise en place. Elle est présidée par Gilbert Gidel, recteur de l'Université de Paris. Et en avril, la troisième session de la commission de l'information générale débute

" L'Europe nouvelle " : c'est sous ce vocable qu'en 1940 les sirènes de la propagande qualifièrent le continent unifié de force par les armées du IIIe Reich. Si cette appellation fut synonyme pour des millions d'Européens de dépendance, de réquisitions et de travail obligatoire ou forcé, elle fut, étrangement, symbole d'espoir pour un certain nombre d'intellectuels français qui voulurent y voir l'annonce d'une possible union européenne. Loin de se résumer à une simple affaire d'opportunisme ou à un pur engagement fasciste, cette attitude concerna d'authentiques militants de l'Europe unie qui pensèrent continuer là un combat politique souvent commencé dans les années vingt. Pacifistes rêvant d'en finir avec la souveraineté absolue des Etats, "techniciens" confiants dans les vertus d'un gouvernement économique, socialistes en quête d'une dernière utopie mobilisatrice : tous furent victimes d'une illusion qui les fit croire à la volonté européenne de Hitler, les rendant aveugles aux réalités monstrueuses de son ordre nouveau. Mais, tout à cette illusion tragique qui fit basculer nombre d'entre eux dans l'impasse du collaborationnisme - Drieu, Luchaire, Delaisi et les Giscards  en tête -, les intellectuels européistes de Vichy n'en continuèrent pas moins les réflexions commencées au temps de Briand sur les conditions d'existence d'une fédération politique et économique. Avec parfois des expressions troublantes : " communauté de communautés ", " organe de gestion supra-continental " ou " monnaie fédérale unique "... Et si les plans européens imaginés sous l'Occupation constituaient la préhistoire dérangeante de notre construction européenne démocratique ?

 

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Commentaires
Droit et devoir de Memoire
  • Erick Labrousse J'ai participe au procès de Maurice Papon à Bordeaux en soutien aux parties civiles. . Je me suis très vite rendu compte que les informations parvenues aux citoyens vis à vis de ce procès atténuaient les responsabilités pour la défense.
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